La Cohésion d’équipe, définition
Savoir travailler en équipe n'est pas inné. C'est une compétence
qui se travaille car l'efficacité collective d'une équipe n'est pas
seulement affaire de cohésion et d'organisation. Elle s'appuie sur des
principes, des règles, une dynamique qui doivent être maîtrisés pour
conduire à la réussite de l'équipe sur le terrain.
Principe : Le jeu collectif, grand levier de la performance de demain
Tout le système éducatif et managérial français est basé depuis des
lustres sur la performance individuelle. Notre système de grandes
écoles, la gestion de la promotion dans les entreprises avec
l’identification des « hauts potentiels », les critères pris en compte
dans le cadre du recrutement sont autant de preuves quotidiennes de cet
état de fait. Nous avons exacerbé l’esprit de compétition « en
solitaire ».
Pourtant,
comme chacun le sait bien, la performance collective n’est pas la somme
des performances individuelles. Nous pouvons observer tous les jours
des directions et des filiales de grands groupes dont la performance
est laminée par l’absence de jeu collectif, par les querelles stériles
et les jeux de pouvoirs bien que la proportion d’individualités
brillantes soit souvent impressionnante dans ces équipes.
Il faut apprendre à changer cela.
Mécanismes de la cohésion d'équipes
Les rapports interpersonnels dans les équipes jouent un rôle essentiel
dans la performance de l’entreprise compte tenu du poids du capital
humain dans le processus de création de valeur (parfois plus d’un tiers
de la valeur totale des entreprises).
L’amélioration
du « jeu collectif » est donc un enjeu économique majeur dont
l’importance est souvent sous estimée. Elle passe par un travail en
groupe parfois complété par des travaux individuels.
De grands
progrès sont parfois simplement réalisés par une formation-action
collective centrée sur les mécanismes émotionnels essentiels qui
régissent nos comportements. Ces interventions s’adressent toujours à une équipe. Il comporte plusieurs parties autonomes :
- les mécanismes essentiels de la psychologie collective et leurs applications en entreprise,
- Vivre ensemble le changement,
- Mieux travailler en équipe,
- Travail en groupe pour définir les valeurs de l’entreprise (ou de l’équipe) selon une méthodologie spécifique.
- Ils se déclinent soit par
- une formation interactive intégrant des parties magistrales, des échanges, des analyses de films….
- Des
études de cas dans le cadre d’un projet d’entreprise (le projet est
utilisé comme plateforme pour faire progresser la cohésion (formule
très efficace)
- Des séminaires spécifiques
- Par des jeux d’entreprises ou de team-building
Cas particuliers en cohésion d'équipes
Quelques exemples vécus par des consultants en entreprise
Une transformation volontaire
En 2004, le directeur général d’une filiale d’une grande banque
française fait appel à mes services pour créer du jeu collectif dans
ses équipes. Je n’avais jamais vu autant de « grosses têtes » au mètre
carré. Dans cette filiale, les polytechniciens, HEC ou diplômés de
Harvard ne jouaient pas de leurs prestigieux diplômes : les autres
avaient les mêmes ! Mais quel désert sur le plan de la cohésion… Le
climat était certes très cordial, très policé mais la synergie
inexistante. Chacun creusait son propre sillon sans souci des
interférences et souvent en situation ravageuse de compétition avec les
autres.
L’émergence d’un vrai jeu collectif a pris un an. Ce
chantier, passionnant et difficile, a entraîné une profonde
transformation des mentalités et des comportements (parfois mal vécue à
court terme).
N’est-il pas intéressant de noter que le
brillant dirigeant de cette entreprise a décidé tout récemment
d’engager un grand chantier de ce type, juste pour apprendre à ces
collaborateurs à travailler ensemble ? Il ne fait aucun doute pour
moi que cette décision avant-gardiste va se généraliser tant le besoin
est grand. Encore faut-il disposer d’une bonne méthode.
Quand un dysfonctionnement logistique aboutit à un projet d’entreprise
Toujours en 2004, le président de la filiale française d’un groupe
industriel britannique fait appel à un de mes associés experts de la
Supply Chain (mais aussi, comme moi, du jeu collectif). De prime abord,
c’est bien de problèmes de logistique qu’il s’agit. L’entreprise
souffre, en effet, sévèrement d’inflation de ses frais de transport et
d’incapacité à réguler ses stocks. Mon associé doit trouver une
solution à ces dysfonctionnements.
Toutefois, après une phase
de diagnostic global, le verdict est sans appel. Les équipes ne se
parlent pas vraiment. Certes, les apparences sont trompeuses. Le climat
général semble assez convivial/ Mais chacun travaille dans son coin.
Les commerciaux, selon une approche « just-in-time » mal comprise,
vendent des commandes de plus en plus petites en évitant soigneusement
d’étudier l’impact global de leurs décisions sur la marche de
l’entreprise. De leur coté, les hommes du manufacturing cherchent une
chose et une seule : « optimiser l’outil de production industriel »
sans souci des conséquences. Pendant 9 mois, le travail de mon associé
consistera essentiellement à créer du jeu collectif sans faire usage ou
presque de son expertise en logistique.
Au vu du résultat (-
30 % sur le budget transport et des stocks adaptés), le président
décide de cette de cette démarche un projet d’entreprise global
Préserver le jeu collectif malgré une réorganisation
En 2005, dans une autre banque, le directeur informatique nous
demande de l’aider à faire passer une équipe d’une cinquantaine de
personnes de la DSI dans une filiale informatique. La filiale est une
sorte de SSII interne qui assure pour la DSI, comme pour d’autres
entités du groupe, des prestations informatiques spécialisées. En
d’autres termes, l’un des directeurs de la DSI va perdre une partie de
son équipe au profit de son fournisseur.
La mission a plusieurs facettes :
- Faire en sorte que le transfert se passe dans de bonnes
conditions pour les équipes et que cela ne se traduise pas par une
longue grève du zèle. Sur cet aspect, nous sommes dans un cadre
classique de conduite du changement
- Mettre en place
l’organisation adaptée, notamment au niveau de la filiale, pour que
l’activité connaisse le moins de heurts possibles et que la structure
d’accueil digère rapidement ce nouveau contingent (qui représente
environ 25 % de son effectif) : ici le thème est purement
organisationnel
- Travailler en empathie avec les managers
des deux bords pour que, suite à la réorganisation, les bonnes
relations persistent. Il faut éviter que ceux à qui « on a coupé un
bras » voient les collègues de la filiale comme des ennemis
héréditaires. Le membre du comité de direction de la banque chargé de
ce projet se montre très soucieux que la préservation du jeu collectif
dans son entreprise.
Comme on s’en doute, c’est sur ce troisième point que le projet
a été le plus difficile. Comme on s’en doute, il faut beaucoup
d’empathie, de créativité mais aussi de ténacité et de fermeté pour
conduire une opération comme celle-ci. Avant tout, c’est bien sur le
terrain de la psychologie que tout se joue. L’architecture d’un tel
projet s’avère assez complexe, peut fortement évoluer en cours de route
et réclame un fort investissement en temps. Mais lorsque l’on en
regarde les coûts totaux en regard des enjeux et des risques le retour
sur investissement ne fait pas débat.
Bibliographie :
- "L’entreprise neuronale" écrit par Alan Fustec et Jacques Fradin - Editions d’Organisation
- "Le travail en équipe. Clés pour une meilleure efficacité collective" écrit par Roger Mucchielli aux Editions ESF
- "XV
leçons pour coacher votre équipe et réussir dans vos entreprises" écrit
par Abdelatif Benazzi aux Editions Maxima-Laurent du Mesnil
Pour en savoir plus
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